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Mundus maris ou notre rêve pour l'océan !

Au printemps 2015, nous avons proposé aux enfants présents à notre stage de participer à un concours internationnal organisé par Mundus maris et ses collaborateurs, dans le cadre de la Journée Mondiale des Océans. Trois possibilités s'offraient à nous :
   - Ecrire une histoire expliquant ce que nous ferions si c'était à nous de décider comment prendre soin des océans ;
   - Ecrire une histoire racontant notre rêve pour l'océan ;
   - Illustrer une bande dessinée racontant notre rêve pour l'océan.

Nous avons choisi la deuxième possibilité et rédiger une aventure futuriste, au cours de laquelle, trois petits poissons visitent Spa une fois que la mer y est de retour (car elle est déjà venue chez nous, on vous le jure). Cette création a remporté le prix "Tortue marine". Découvrez l'ensemble des gagnants et d'autres informations sur le concours sur cette page.

 

Mais le mieux est encore de découvrir l'histoire. La voici donc !

 

La mer est revenue

« La mer est venue en vacances dans votre région. »
C’est là le dernier message parvenu aux jeunes enquêteurs ; pendant 4 jours, ils se réunissent sur la colline à 540 mètres d’altitude en lisière du plateau de la Fagne de Malchamps surmontée de sa tour en bois, un arbre dressé, les racines accrochées à la vaste prairie d’ herbes, les yeux fixés sur l’azur du ciel plongeant à l’horizon dans le vert des collines alentour.
« La mer en ces lieux ! Elle est bien bonne celle-là ! Il nous faut des preuves ; en route. »
C’est ainsi que ce mardi-là, les amis se sont rendus au musée pour y rencontrer un savant géologue qui à leur grande surprise leur a confirmé les faits :
   - En effet la mer a recouvert plusieurs fois l’Ardenne ; cela s’est passé il y a bien longtemps ; une première fois avant le temps des dinosaures et une autre fois pendant leur présence…, confie-t-il
   - Elle vient puis elle repart, c’est comme les marées ? avance Antonin
   - Cela se passe à une plus grande échelle dans le temps ; chaque fois, elle laisse des traces de sa présence : roche calcaire, fossiles présents dans les roches, argile à silex, …
   - Les preuves, il ne reste plus qu’à les trouver ! conclut Aymeric sa loupe d’enquêteur à la main.
  - Et faisait-il chaud et beau au bord cette mer ?, questionne Martin, curieux d’en savoir davantage sur ces temps passés.
   - Chaud mais parfois très froid un peu comme à l’âge de glace ; les hommes n’ont pas vécu cette époque, reprend le géologue.
   - Va-t-elle revenir un jour ? demande Théo.
   - Probablement mais pas tout de suite, rassurez-vous.


Et c’est ainsi qu’en l’an 5013, elle est revenue noyant tout sur son passage ; villes, collines et paysages boisés ; seule subsistait une île, la fagne de Malchamp surmontée de sa tour en bois, mât dressé, les pieds dans l’eau, les yeux fixés sur l’azur du ciel plongeant à l’horizon dans la mer bleue.
La mer s’y trouve fort bien et décide de rester à vivre avec les vagues et les poissons. Parmi ces derniers une bande de petits poissons jouent à se faufiler entre les algues.
   - Ne vous éloignez pas, leur chante la mer.
Ils se cachent entre les rubans de cette prairie marine ; Thibaud, l’un d’entre eux découvre un petit lit bordé d’herbes creusé dans le versant. Il s’y blottit et suit les parois qui l’entrainent vers le fond ; il se glisse, se love ; ses amis, Samuel et Emilie, le poursuivent le long des deux rives puis le rejoignent ; le lit s’élargit, se creuse.
   - Avez-vous remarqué que l‘eau a changé de couleur ? Elle plutôt beige, presque brune ! S’inquiète Emilie.
Tout à coup, une lueur illumine le champ d’algues noires au milieu desquelles se faufilent les amis ; les plantes de mer s’étirent langoureusement vers le haut pour chercher la lumière car on n’y voit goutte.
   - On dirait le bois des sirènes ; il mène à la source bienfaisante.
En effet, en contrebas affleure une sorte de puits en pierre maculé de couleur rouille d’où sourd un liquide tumultueux ; il jaillit des entrailles de la Terre.
Assoiffés, les poissons se désaltèrent à cette eau fortifiante et se souviennent de l’histoire que leur racontait la mer, celle de la lune tombée au fond d’un trou et qui tentait de remonter au firmament en s’accrochant et arrachant des bouts de fer qui se mêlèrent à l’eau.

Ils reprennent leur route et bientôt joignent une forêt d’arbres algues immenses ; épuisés, ils s’approchent du plus vieux d’entre eux et se pressent contre lui ; son écorce est chaude et douce, rassurante ; y collant leurs oreilles, ils perçoivent les murmures de l’arbre :
   - Gardez courage et trouvez le dragon.
Intrigués, ils poursuivent leur descente vers les grands fonds obscurs ; l’eau est grise.
Soudain, débouchant à l’orée du bois, ils voient surgir sous leur regard ébahi les toits d’une ville d’eaux célèbres engloutie, comme un paquebot échoué.
Le silence envahit l’espace. Des petits poissons circulent entre les volumes, sortent des fenêtres et des portes ouvertes qui battent l’eau sans faire un bruit ; les trois amis s’aventurent dans les ruelles vides, croise le requin marteau Ethan qui s’enfonce dans une impasse.
   - Vous savez ou habite le dragon ? demandent les poissons.
Pas de réponse ; alors ils se laissent porter par le courant et arrivent, sans crier gare, Place Verte : arbres alanguis et poulpes aux long bras y dansent une valse lente au son des gouttières tandis qu’un poisson saxo Amandine gonfle ses joues qui se colorent de violet.
   - Vous savez ou habite le dragon ? demandent les poissons
Pas de réponses.
   - Je voudrais ma mer et me coucher dans ses bras, souffle Samuel, le plus jeune.
Ils atteignent le carrefour au centre duquel tourne une énorme meule qui moud du sel, sans s’arrêter depuis la nuit des temps.
   - Voilà pourquoi la mer est salée, se souviennent les petits poissons.
   - J’ai un peu peur, gémit Thibaud.
Ils croisent quatre poissons chats, Nathan, Joachim, Maxime et Adrien, qui jouent avec des épuisettes et une canne à pêche pour attraper des poissons clowns qui chatouillent de leurs nageoires les murs gris souris.
-Vous savez où habite le dragon ? demandent les poissons, bravant leur timidité.
Pas de réponses.
   - J’ai faim, dit Emily
Nos amis longent l’établissement des bains puis arrivent rue du Fournil où vit le poisson boulanger Antoine.
Il leur donne des pains de la mer qu’il a confectionnés avec amour :
   - Ils sont composés de farine et d’eau de mer ; je les agrémente de jeunes et tendres algues fraichement cueillies.
   - Vous savez où habite le dragon ? demandent les poissons ensemble.
   - C’est une maison bleu et rouge adossée à la colline aux portes et fenêtres fermées. Juste après le coin, à droite, dit le poisson boulanger avec un doux sourire.
Prudemment ils tournent le coin en prenant soin de raser les hautes façades qui pleurent.
Rapidement ils se retrouvent devant l’antre du dragon, la jolie maisonnette au toit pointu, fenêtre et portes closes. S’inscrit sur la devanture en belles lettres calligraphiée « A la page tournante, librairie ».
La vitrine s’éclaire de pales lueurs ; s’alignent, s’entremêlent, s’exposent au regard des coquillages de toutes les formes, de toutes les tailles ; par intermittence, à leur rythme propre, ils s’ouvrent et se ferment lentement, laissant échapper par leur bouche des respirations sous forme de lettres, de mots, de phrases :
« L’odeur de la mer, l’île au trésor, 20.000 lieues sous les mers, le château des algues, l’épave du Zéphir, la ballade de la mer salée, trois hommes et un bateau, les passagers du vent,… »
Poussés par la curiosité, les trois poissons veulent en savoir plus et rentrer dans la librairie dont la pancarte indique « Fermé ».
C’est alors qu’un dragon immense sorti de nulle part fond sur eux.
   - C’est ouvert ! Suivez-moi ! Informe le dragon gardien Clément aux poissons surpris.
Il introduit une minuscule clé dorée dans la serrure et retourne la pancarte.
A l’intérieur, tout est silencieux, les mots s’échappent des coquillages et flottent jusqu’aux oreilles des trois poissons, font la fête au dragon gardien puis glissent, souplement, vers leur abri coquillage.
   - Chaque coquillage tel un phare au bout de la jetée, abrite une histoire, un conte, une aventure de la mer qui illumine le fond marin et lui fait une mémoire, explique le dragon.
Les poissons sont émerveillés et calquent doucement le rythme de leur respiration sur celui des coquillages s’ouvrant et se fermant lentement.
 - Et celui-ci, demande poisson Samuel, quelle histoire raconte-t-il ?
Poisson Samuel contemple une bouteille qui protège un recueil d’images.
Dragon gardien sourit tendrement.
Poisson Samuel s’introduit dans le goulot de la bouteille il est aussitôt suivi par Thibaud et Emilie, aspirés.
Ils tournent les pages du petit recueil d’images s’émerveillant devant les dessins d’enfants illustrant leur mère. Alors, heureux, ils reprennent des couleurs et plongent dans l’eau bleue des dessins qui sentent le grand large, les algues et le plancton.

 

Conte créé par Adrien, Amandine, Antoine, Antonin, Aymeric, Clément, Emilie, Ethan, Joaquim, Martin, Maxime, Nathan, Samuel, Théo et Thibaud.

 
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